Émission Underscore #171 du 2 février 2020

Actu

L’UFC-Que Choisir saisit la DGCCRF et demande le retrait de plusieurs modèles de chargeurs d’ordiphones

Plus de la moitié des 20 modèles testés se sont révélés dangereux et seulement 4 respectent les normes.

La Quadrature du Net recrute un⋅e responsable technique

Ça se passe à Paris. Les missions : maintenance informatique, support, développement et suivi des outils, animatoin de la communauté technique, un peu d’analyse technico-politique et de veille technique… Bref, un peu Superman.

Ouverture du recrutement bénévoles pour les Geek Faëries V11.0

Les 5, 6 et 7 juin 2020 – Être sur le coup toute l’année ou sur place le temps du festival, les bénévoles sont ceux qui permettent à l’évènement d’exister.

Financement participatif pour les JdLL 2020

Les JdLL 2019 c’était : 55 conférences et démonstrations, 43 stands, 37 ateliers dont 13 spécialement destinés aux enfants, 80 bénévoles et plus de 1000 visiteurs uniques.
Les JdLL 2020 se dérouleront le samedi 4 et le dimanche 5 avril à la Maison pour Tous – Salle des Rancy, 249 Rue Vendôme, Lyon 3ᵉ. Le thème de cette année est Logiciel Libre: utopies concrètes et accessibles.

Bitbucket abandonne les utilisateurs de Mercurial

Ce gestionnaire de versionnement du code, alternative à l’omniprésent git, a perdu l’une des rares plateformes qui le soutenait encore. Il est vrai que même chez eux, seulement 3% des projets utilisaient Mercurial contre 90% pour git. Les dépôts seront supprimés en juin prochain. Il ne reste donc guère plus que SourceForge pour les adeptes de cet outil.

Tous vos pouets repompés

Des chercheurs ont récupéré tous les posts publics de nombreux serveur Mastodon pour leurs recherches sur les contenus inappropriés… sans la permission des utilisateurs. Pas très sympa ça.

Clearview AI repompe vos photos sur le web pour la reconnaissance faciale

Tranquille, sans se préoccuper du droit d’auteur ou de la vie privée, ils ont utilisé ces images récupérées sur Facebook, Twitter, ou Youtube, pour leur système de reconnaissance faciale qu’ils ont revendu à de nombreuses polices ainsi qu’au FBI.

Un jeu publié gratuitement sur bittorrent… voit ses ventes augmenter de 400%

Le studio indépendant ShotX constitué d’une seule personne a publié Danger Gazers via un torrent, et visiblement ça lui a réussi.

Mozilla se sépare de 70 personnes

… en attendant que ses nouveaux produits lui rapporte suffisamment.

Chiptune: Montee – Bomberman!

Sujet : Gagner sa vie avec du logiciel… (libre ?)

Ah bon, les codeurs ça ne se paye pas en pizza ?

Ben non, enfin, saut certains.

Mais pour les autres, ça va dépendre de votre éthique.

Chartes et manifestes

Donc, “gagner sa vie” (jamais compris ce concept…), pourquoi pas, mais pas forcément à n’importe-quel prix.

Enfin, libre à vous de partir bosser dans une SSII énorme et faire partie du problème, mais sinon, j’ai quelques règles à vous proposer. Car rappelez-vous que comme le dit Lessig, “Code is Law”, donc écrire du code, c’est écrire des lois, parfois sans impact, mais parfois avec un impact qu’on aurait jamais prévu.

Le manifeste de l’ingénierie critique :
Un extrait :
« 0. L’ingénieur critique considère l’ingénierie comme le langage le plus percutant de notre époque modélisant nos manières de nous déplacer, communiquer et penser. Le rôle de l’ingénieur critique est d’étudier et d’exploiter ce langage – de montrer son influence.
1. L’ingénieur critique considère notre dépendance à la technologie comme un défi autant qu’une menace. Plus la dépendance est grande plus il importe d’en analyser le fonctionnement interne indépendamment des droits de propriétés et dispositions légales.
2. L’ingénieur est conscient que chaque avancée technologique met à mal notre héritage techno-politique. »

Le manifeste du design éthique met en premier le respect des droits humains, puis l’effort, et en dernier seulement l’« expérience » tant vantée par les publicités des logiciels propriétaires. Avec un graphique imitant la pyramide de Maslow.

Le Manifeste pour un développement plus durable lui vise à limiter l’obésité logicielle, car tous ces giga-octets que l’on transporte et qu’on mouline, ça a un coût, y compris environnemental. Parce qu’entre autre ça oblige à utiliser des machines plus puissantes au lieu de conserver une machine plus longtemps.

Il y a aussi le Climanifeste.

Modèle économique ?

Alors oui, pour certains c’est un gros mot (oui on t’a vu l’anti-capitaliste au fond de la salle), mais malheureusement jusqu’à ce qu’un revenu de base décent ou le salaire à vie de Friot se généralise, on en est encore tous à devoir “gagner sa vie” (oué, il paraît qu’on doit, Bernard Arnault aussi il doit gagner sa vie ?). Et donc se faire payer, et donc avoir un moyen financer à défaut de dégager du profit.

Le truc avec le logiciel libre, c’est qu’on doit être créatif, puisqu’on ne peut pas juste “vendre des licences”.

En fait, les licences n’interdisent pas explicitement de vendre le logiciel, on peut tout à fait demander une rémunération pour diffuser une copie, c’est d’ailleurs ce que font certaines applications qui sont payantes sur le PlayStore Android alors qu’elles sont libres et disponibles gratuitement sur F-Droid. Sauf que l’on autorise explicitement par la licence libre l’utilisateur à donner des copies à qui il veut, donc on ne peut pas imposer un monopole de distribution et racketter les utilisateurs (ben oui c’est un peu ça Windows non ?)

Donc, il faut trouver d’autres idées.

Certains éditeurs de logiciels utilisent le modèle du “open core” : le cœur du logiciel reste libre, mais des modules sont payants et non libres, qui sont plus ou moins nécessaires à son utilisation. Donc même si le logiciel est “open source”, on est assez loin de l’esprit du libre puisque dans les faits seuls ceux qui payent en ont vraiment la jouissance.

D’autres vont garder la dernière version non libre, et publier la version N-1 sous une licence libre. Ça pose un problème car le développement de la version courante est forcément fermé, et donc ne peut pas bénéficier d’une communauté active et efficace.

Un modèle classique c’est la fourniture de services payants autour d’un logiciel libre : installation (mais ce n’est pas une raison pour avoir une documentation tellement pourrie qu’elle impose de payer !), maintenance, version hébergée pour éviter d’avoir à s’en occuper… Et l’ajout de nouvelles fonctions voulues par un client, qui paye le temps de développement parce qu’il en a besoin rapidement permet à d’autre ensuite d’en bénéficier, qui à leur tour payeront peut-être une autre fonction utile à d’autres. C’est en tout cas le pari de certains.

Bien sûr, ça reste compliqué, on rappellera par exemple l’histoire d’OpenSSL maintenu par une seule personne avec un budget serré, alors que cette bibliothèque est utilisée par toutes les banques, les géants de la vente en ligne, Google…
Maintenant son avenir est assuré, mais combien d’autre projets sont dans ce cas ?

Il y a quelques années l’April a publié le Livre Blanc des Modèles Économiques du Logiciel Libre qui reste une bonne source.

Pour chaque logiciel il faut se poser la question de la pertinence d’un modèle économique. Un même modèle ne fonctionnera pas forcément suivant l’audience du logiciel et sa popularité.

Compilo, boulot, dodo !

Si ce que vous cherchez c’est juste un boulot avec un peu d’éthique, il va falloir faire travailler vos réseaux.

Bien sûr il y a LinkedIn, mais bon…

Avez-vous pensé à Mastodon ?
Le mot-croisillon #JeChercheUnJob est un classique sur ce réseau.
Pensez aussi à regarder le #JeRecrute au cas où…

Un site spécialisé existe pour le libre et l’opensource : LinuxJobs.

On y retrouve d’ailleurs l’annonce de La Quadrature pour son poste de responsable technique.

Et celle d’UFC Que Choisir pour un développeur PHP.

Une structure, un statut ?

Mais si vous souhaitez développer votre propre logiciel, ou proposer du service autour d’un logiciel existant, vous pouvez aussi utiliser une structure spécifique, ou créer la votre. De nombreuses possibilités existent suivant votre niveau de phobie administrative.

Si les déboires du régime de sécurité sociale de l’auto-entrepreneur semblent passés, ça reste un statut précaire.

Si vous savez que vous pouvez facturer régulièrement vous pouvez tenter le portage salarial, qui a l’avantage de vous faire accéder au statut de salarié, au prix d’une commission autour de 10% de frais de fonctionnement, sans oublier les cotisations salariales.
Pendant longtemps les ASSEDIC considéraient que c’était illégal, à cause de l’absence de relation de subordination puisque l’on doit seul trouver des clients. Depuis la fusion avec l’ANPE qui elle en faisait déjà la promotion, on peut espérer qu’ils aient résolu leur différend.

Une autre solution, c’est la coopérative d’activités et d’emploi (CAE), qu’elle soit spécialisé dans un domaine ou généraliste, qui permet, après une période de 6 mois à un an, renouvelable 2 fois, où l’on facture et met de côté un petit capital (on peut tout de même faire des notes de frais), on peut devenir salarié si les conditions sont réunies. Après un certain temps on devient également membre de la coopérative, pour prendre par à sa gouvernance.

Certains montent une association autour d’un projet, en attendant de faire éventuellement une coopérative.
C’est le cas de Lokavaluto, qui veut développer une solution en logiciel libre pour les monnaies locales, en mutualisant le développement et le financement.

D’autres ont créé une SAS parce que les statuts d’une coopérative ne permettaient pas ce qu’ils souhaitaient, notamment la possibilité de travailler le week-end s’ils le souhaitent, ou de rémunérer à égalité tous les membres quelque soit leur métier. Pourtant, en cas d’effondrement, si les ordinateurs ne fonctionnent plus, un maraîcher sera bien plus utile qu’un informaticien ! Ils sont donc tous gérant à part égale de la SAS.

Pour aller plus loin

Je vous propose l’écoute de l’excellente émission CPU (Carré, Petit, Utile), Ex0125 : Financer du logiciel libre

Chiptune: Metropolice – Final by Ghostown & Rno

Agenda

Rappelons que l’agenda est celui de la semaine passée lors des rediffusions le samedi.

Que la lueur soit avec Darktable

Atelier animé par les étudiant·e·s de la licence Colibre.
Envie de transformer l’éclairage de vos photos pour leur donner un style très particulier?
Darktable est une application pour enrichir le rendu des photographies.
Vous pourrez ainsi illuminer vos paysages ou renforcer l’intimité d’une scène d’intérieure.

L’entrée est gratuite. Réservation sur le site de la MJC (recommandée).
Le mercredi 5 février 2020 de 19h00 à 21h00.
MJC Montchat, 53 rue Charles Richard, Lyon.

Rencontre inédite : Analyse automatisée de contenus

Stuart Soroka, Professeur à l’Université du Michigan, sera exceptionnellement présent en France pour présenter ses travaux.
Les recherches de Stuart Soroka portent sur la communication politique, l’origine des préférences politiques du public et les relations entre les politiques publiques, l’opinion publique et les médias de masse. Parmi ses projets en cours, on trouve Negative News, une série d’études portant sur les biais négatifs dans la sélection des informations, et Information et démocratie, un projet axé sur la relation entre l’opinion publique et les politiques, s’intéressant au rôle des médias pour faciliter (ou empêcher) la réceptivité du public à l’information.
Il a mis au point un outil appelé le Lexicoder pour permettre l’analyse automatisée de contenus de même qu’un dictionnaire des sentiments pour aider la reconnaissance automatique de sentiments dans des textes politiques.

Entrée libre ;
Jeudi 6 février, 12h30 à 13h30.
Le Moulin Digital, 8, avenue de la gare, ALIXAN.

Astrologeek

  • gamer : Non mais Halo quoi…
  • technophile : Je me demande s’il existe des cartes wifi en SCSI… des cartes SCSI WAN 😀
  • hacker : poisson ascendant hacker , vous avez été fishé.
  • musicien : en 2020 c’est le nouveau midi , le 12h02 (le midi deux)
  • procrastinateur : mieux vaut tardis , que jamais !
  • libriste : – Tu veux un salaire AVI ? – L’idée est bonne mais je préférerais un salaire MP4.