Émission Underscore #142 du 5 mai 2019

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Sujet: Les jeux videos c’était mieux avant

c’était mieux avant!

j’ai découvert le jeu vidéo au milieu des années 80. Les premiers jeux grand public étaient très figuratifs. Quelques lignes pour faire une route, un carré pour faire une voiture, quelques pixels pour faire un bonhomme.

Il fallait une bonne imagination car les graphismes étaient pauvres et le réalisme
inexistant mais on prenait plaisir au jeu. Cette époque a vu naitre des concepts
hyper variés qu’on pouvait regrouper à l’époque dans quelques grandes catégories:
réflexion, simulation, arcade, course, combat, jeu de tir, sport et ne l’oublions pas, éducatif

Ce qu’il faut savoir c’est que la programmation était surtout le fait d’amateurs, souvent
étudiants en informatiques qui écrivaient des jeux vidéos pendant leur temps libre.
On assistait à des comportements qui ne passeraient plus aujourd’hui, je pense surtout
à la propriété intellectuelle. Les gens se piquaient des graphismes, s’inspiraient
librement de musiques commerciales. Par contre on avait des jeux originaux!

Je ne crois pas qu’un seul sport ait été oublié à l’époque, c’était dingue! Lors d’une session de test de jeux en live, j’ai testé presque 20 jeux de golf différents sortis sur le même ordinateur.

Dans le registre arcade on eu des perles comme Rainbow island où le but du jeu était
de grimper le plus haut possible en sautant sur des arcs en ciel que le personnage
pouvait poser devant lui.

Des jeux au look futuriste avec des robots, des vaisseaux spatiaux, les premiers
escape game où le but du jeu est de sortir d’une pièce, d’une prison, etc. Parfois
on mélangeait les deux, ça donnait un prisonnier qui devait s’échapper d’une prison
remplie de robots.

L’âge d’or

Les années 90 ont vu débarquer des jeux plus gourmands en puissance, au fur et à mesure que le PC doublait sa puissance… chaque année ou presque!

On pense évidemment aux doom-like mais ces jeux existaient bien avant, Doom n’étant (ce n’est pas réducteur ce que je vais dire) que l’aboutissement du moment des jeux du genre, lui même détrôné quelques années plus tard par Duke Nukem.

Concrètement, la puissance des ordinateurs révolutionne surtout la beauté des jeux. Ils sont plus beaux et plus fins mais cela demande évidemment beaucoup plus de travail pour les graphistes. Il devient alors impensable de réaliser un jeu tout seul. Un jeu vidéo réclame de grosses compétences en level design, en bruitages, musique et évidemment programmation qu’on commence à se partager en équipe pour pouvoir sortir plus rapidement, car les délais de réalisation s’allongent! Bref, le monde du jeu vidéo se professionnalise.

Cette professionnalisation du jeu vidéo a changé énormément de choses. Tout d’abord la rentabilité maximum a rendu quasi systématique l’absence de prise de risque. Le résultat fût un appauvrissement immédiat du paysage ludique avec chaque année le même jeu de combat (ajouter le nom d’un boxeur), le même jeu de rally (ajouter le nom d’un pilote), le même jeu de foot (ajouter le nom de la fédération).
Triste, triste, triste. De mon point de vue, on aurait voulu tuer la poule aux oeufs d’or qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Ne reste plus que quelques grosses franchises qui se partagent le gâteau du jeu sur ordinateur.

Il n’y a pas que les ordinateurs qui ont dépassé le GigaHertz! Les téléphones aussi, autrefois destinés à passer des coups de fils, se sont vu greffer des écrans fullHD, des cartes accélératrices 3D et des processeurs multi-coeurs de la mort qui tue. Certains téléphones sont aujourd’hui plus puissants que des ordinateurs de bureau d’entrée de gamme.

Cette montée en puissance des téléphone mobiles a signé le retour de vieux concepts de jeux. Au début j’ai presque cru qu’on pourrait à nouveau profiter de la diversité des jeux de l’époque, puisque les éditeurs semblaient puiser à volonté dans le vivier du retro-gaming. Grave erreur! On a des jeux de carte, des jeux où il faut péter des balles/ballons/cochons/whatever et c’est à peu près tout. Les jeux se ressemblent tellement qu’on ne réalise pas toujours qu’ils viennent de studios différents situés aux antipodes de la planète. Alors ils sont certes très beaux et bien sonorisés vu qu’ils sont toujours créés par des studios professionnels, mais l’impression dominante est qu’on retombe dans les mêmes travers sur pour les jeux vidéos consoles et ordinateurs.

Mais le pire était à venir (ne jamais oublier qu’on peut TOUJOURS faire pire)

Sur ordinateurs,consoles et téléphones sont apparus les DLC (downloadable content ou contenus téléchargeables) avec tous leurs défauts. L’idée de base est louable. Proposer du contenu supplémentaire en échange d’un paiement modique. Sauf que certains éditeurs sont allés jusqu’à castrer la sortie d’un jeu pour mieux vendre le contenu amputé par la suite. Au final, pas de contenu supplémentaire mais un jeu plus cher qu’on aurait eu avant complet ou sous forme de mise à jour gratuite.

De plus en plus de jeux ne peuvent plus qu’être joués qu’en réseau sur des serveurs propres à l’éditeur, ce qui laisse planer une épée de damoclès au dessus de tous les joueurs. Nombreux se sont retrouvés sans jeu (qu’ils ont pourtant payé!!!) car les serveurs ont fermé. Terminé le temps où on possédait son jeu.

Sur téléphone les petits jeux gratuit (avec publicité) ou pas chers ont rapidement cédé du terrain. Il existe encore quelques ovnis dans le paysage, des jeux sympas, qui n’ont plus de pub une fois payés et jouables hors-ligne à volonté. Ce genre de jeu ne fait jamais de publicité, on les trouve surtout via le bouche à oreilles.
Le système en place (je pense qu’on peut appeler ça un système oui) consiste à produire plein de mini-mer…. heu… mini-jeux, bourrés de publicité et dont les publicités renvoient vers plein d’autres “jeux” du même genre. On est ainsi saturé par l’idée que le téléphone n’a rien d’autre à proposer et c’est bien dommage.

Sont apparus les Pay to Win (paie pour gagner). Ces jeux sont toujours payants de façon directe ou indirecte, mais il faut en fait payer en permanence pour pouvoir acheter des armes, des véhicules, des cartes qui disposent d’avantages décisifs ou simplement des tours de jeu supplémentaires.

Il y a aussi les Pay to Skin! (paie pour habiller ton jeu) où on paie pour avoir le droit de changer la couleur d’un personnage, d’un véhicule. Une sorte de dressing virtuel qui coûte de l’argent bien réel!
Je suppose que si ça se vend, c’est aussi que ça s’achète!?

J’ai découvert un nouveau genre de jeu, les tap-game! En fait ces jeux ne sont PAS des jeux. Ils sont contemplatif… on ne joue pas en fait? Non! Disons qu’on nous fait croire qu’on joue à quelque chose mais on ne fait presque rien, tout au plus quelques choix de temps en temps. On nous incite surtout à payer pour débloquer des visuels ou aller plus vite dans le (entre guillemets) “jeu”. Certains de ces jeux lancent sans votre consentement des publicités presque toutes les 2 minutes, toujours pour contempler des petites choses qui se passent à l’écran. Horrible. Mais la curiosité étant un défaut très partagé, ça peut marcher!

A cause de cette maudite curiosité, j’ai installé une bonne dizaine de jeux car je pensais qu’ils contiendraient un tower defense, des jeux de réflexions, ce genre de choses, mais en fait la publicité interactive était un meilleur jeu que le vrai jeu dont elle faisait la publicité! En fait c’était complètement mensonger, il faut dire qu’en France on n’est pas habitué avec notre bureau de vérification de la publicité.
Il n’y a que les personnalités politiques qui mentent en France, mais pas les publicitaires! Et bien sur nos téléphones ça ne se passe pas comme ça, probablement car l’Internet n’a pas de frontière ni de pays…

Alors le jeu vidéo est-il en train de mourir? Non! Il est en train de renaître!

Nos vieux jeux qu’on pensait morts et enterrés regagnent l’intérêt des joueurs qui peuvent enfin en avoir pour leur argent. Pas de péremption, pas de contenu à débloquer avec des sous, rien à acheter pour avoir un avantage sur un concurrent, on joue! Le monde de l’émulation est en ébullition, avec des distributions Linux dédiées à l’émulation de vieilles consoles, et puis il y a un regain d’intérêt pour la programmation de jeux amateurs.

En guise de conclusion, si c’est pour avoir des petits jeux à la noix gavés de pub sur son téléphone, autant se programmer des trucs intéressants soit même!

Chiptune: Shirobon – Cyberstrike ft. Sabrepulse

Conseil de regardure : Le film La bataille du Libre

« La bataille du Libre » film documentaire (version 87mn du film “Internet ou la révolution du partage” bientôt diffusé sur Arte en 2019), écrit & réalisé par Philippe Borrel, avec Annabelle Jarry et Marion Chataing, produit par Jérémy Zelnik & Tancrède Ramonet / Temps noir pour ARTE.
Désormais l’informatique est au cœur de presque toutes les activités humaines. A t-elle contribué à faire de nous des citoyens plus autonomes ? Ou plutôt les consommateurs passifs d’un marché devenu total ? Sans que nous en ayons conscience, deux logiques s’affrontent aujourd’hui au cœur de la technologie, depuis que les principes émancipateurs du logiciel libre sont venus s’attaquer dans les années 80 à ceux exclusifs et « privateurs » du droit de la propriété intellectuelle.

Le film a été diffusé lors des Journées du Logiciel Libre à Lyon.

Il est très probable qu’il soit programmé dans des cinéma du coin, on l’espère en tout cas.

Astrologeek

  • sysadmin : HTPT, c’est que le protocole est cassé, il va falloir le réparer
  • libriste : Euh stash, compte de git.
  • technophile : Les selfie-sticks quand ils sont vieux ils vont en Russie. Ben oui, ça fait des selfie-russestick
  • hacker : DIR que je pensais trouver ce fichier dans ce dossier… LS tomber, c’est pas à ton répertoire !
  • nerd : Haskell est bonne celle-là !
  • musicien : Bordel, le synthe vocal il bugge a mort. Pas surprenant qu’il y a tellement peu de jeux qui le supporte ! – Le synthé tique ?