Chronique Underscore #43 du 9 Janvier 2017

Voici quelques liens sur les sujets développés :

La pomme qui brille devient collector

On l’avait connue à l’envers sur le pismo, depuis très longtemps celle-ci illuminait la noirceur des salles de concerts, nous n’aurons plus cette chance avec l’arrivée des nouvelles générations de Macbookair.
Et pourtant voilà une occasion en or pour le placement de produit. Parfois elle était maquillée en poire dans certaines séries télé…
Elle sera noir… sombre, aussi sombre que l’avenir d’Apple ?
Seul l’avenir nous le dira !

Bientôt une rue Steve Jobs à paris !

Le maire PS du XIIIe arrondissement de Paris, Jérôme Coumet, a fait voter un projet qui prévoit de baptiser une des rues proches de la future Halle Freyssinet “rue Steve Jobs”. Au grand dam des écologistes et communistes.
Certains préféreraient une rue Ada Lovelace, pionnière de l’informatique ? Ou bien une rue François Gernelle, inventeur du Micral ?
Enfin ils en ont quatre à renommer ils vont bien finir par se décider !
Et je suis sûr qu’ils ont encore oublié Dennis Richie (co-inventeur d’Unix et du langage C) :^)

Un camion pour déménager 100 pétaoctets

Parfois, les autoroutes de l’information sont moins rapides que nos bonnes vieilles routes. La preuve: Amazon Web Services vient de se doter d’un camion poids-lourd pour transférer des masses de données vraiment importantes. Baptisé Snowmobile, ce camion est destiné aux entreprises qui gèrent d’énormes masses de données dans leurs datacenters et qui aimeraient les migrer vers le cloud d’Amazon.

L’Internet Archive appelle aux dons pour installer une copie au Canada

L’arrivée de Trump leur fait tellement peur qu’ils en appellent au dons pour déménager dans un endroit plus calme. La fondation américaine Internet Archive compile l’ensemble des données du web pour « permettre à tous d’accéder au savoir, gratuitement et pour toujours ». depuis 20 déjà, Cette gigantesque mémoire du web permet notamment à chaque internaute, grâce à sa très pratique Wayback machine, d’accéder à des pages devenues inaccessibles à leur adresse d’origine.

Jouets connectés = espions ?

En fait certains jouet comme Cayla et i-Que sont dans le collimateur d’associations de défense du consommateur, ils seraient soupçonnés de distiller de la publicité ciblé vers les enfants !
Ces jouets disposent d’un microphone intégré qui se connecte par Bluetooth à une application mobile, préalablement téléchargée par l’utilisateur sur son smartphone ou sa tablette. Le jouet peut alors comprendre ce que lui dit l’enfant et y répondre. Mais les sociétés fabricantes ont fait le choix d’implanter dans Cayla et i-Que, une technologie Bluetooth sujette à des risques de failles de sécurité élevées.

Chiptune: Rue Mongallet : On ne rembourse pas !

Sujet: La responsabilité des programmeurs ?

On connaît tous l’histoire d’Albert Einstein, qui a poussé pour la création de la bombe atomique, car il pensait que les nazi n’étaient pas loin de l’obtenir, avant ensuite de dire que c’était une erreur. Les scientifiques ne sont pas les seuls à devoir se poser des questions éthiques. L’informatique prend de plus en plus de place dans nos vies.

Comme l’a très bien exprimé Larry Lessig, “Code is law” : “Le code c’est la loi”. En effet, le code que l’on écrit a un effet sur le gens, parfois bien plus que juste l’effet émotionnel de la projection d’une démo. L’équipe de Framalang a d’ailleurs réalisé une traduction de l’article de Lessig que je vous invite à lire.
Ainsi il explique : “Si c’est le code qui détermine nos valeurs, ne devons-nous pas intervenir dans le choix de ce code ?”

En effet, la façon dont sont construits les programmes, les formats de fichiers ou les protocoles réseau, leur architecture, a un impact sur leur fonctionnement et la liberté qu’ils accordent ou pas.
Par exemple, le protocole IP se fiche du contenu des données échangées, et considère donc tout le monde comme ayant les mêmes droits, ce qui se traduit par le principe de neutralité du réseau. A l’opposé on a le Minitel, qui lui oblige à accéder à un serveur central, ce qui facilite le filtrage puisqu’il suffit de se positionner sur le serveur.
Mais d’autres protocoles au dessus fonctionnent différemment. Par exemple HTTP, le protocole du Web, est prévu pour se connecter à un serveur unique pour récupérer la page qu’on veut. Depuis on a ajouté des moyen pour avoir plusieurs serveurs pour la redondance, mais ils restent contrôlés par les mêmes personnes. Au début pourtant, chacun avait sa page perso sur le site de l’université, et ça marchait très bien. Mais l’émergence de plateformes comme Facebook ou Twitter incite les gens à tout mettre chez eux au lieu de s’autohéberger, ce qui recrée une centralisation alors que ce n’était pas du tout l’objectif des créateurs du Web
C’est ce que Benjamin Bayart appelle le Minitel 2.0.

Un article récent, “The code I’m still ashamed of” (Le code dont j’ai encore honte) raconte la confession de Paul Sourour qui travaillait pour une entreprise de marketing canadienne. L’entreprise lui a demandé de coder un site pour un laboratoire pharmaceutique avec un quizz à destination des jeunes filles qui en fonction des réponses proposait un médicament ou un autre. Sauf qu’en testant le site il se rend compte qu’il donne toujours la même réponse, mais à l’époque ça ne le gêne pas vraiment. Jusqu’au jour où il apprend le suicide d’une jeune fille attribué aux effets secondaires de ce même médicament. Sa propre soeur le prenait aussi d’ailleurs, elle a tout de suite arrêté, et lui a démissionné.
Le chroniqueur Xavier de la Porte sur France Culture propose de “revenir aux classiques” avec Kant : “Ainsi, je propose que chaque ligne de code soit examinée à l’aune de la première formulation de l’impératif catégorique : “Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle. » Et hop, c’est réglé.”

Suite aux révélations d’Edward Snowden, certains ont lancé le mouvement “Intel Exit” pour inciter les membres des services secrets à se mettre en accord avec leurs conviction, et démissionner.

Des mathématiciens également, dont les travaux sont utilisés pour améliorer mais aussi casser le chiffrement, ont dit non à la collaboration avec des services de renseignement qui piétinent les lois et les droits des citoyens. La NSA est en effet l’employeur numéro un de mathématiciens.

Plus récemment, suite à l’élection de Trump, certains employés d’entreprise du logiciel (dont Google, Autodesk ou Apple) ont signé un manifeste expliquant qu’ils s’interdiraient d’écrire un logiciel pour le gouvernement permettant de ficher les gens en fonction de leur race, religion ou nation d’origine.

L’introduction du manifeste rappelle d’ailleurs que cette idée de fichage informatisée est loin d’être nouvelle. En effet, IBM a collaboré avec les nazi dès 1933 en leur louant à prix d’or des machines à carte perforées pour ficher les juifs… L’extermination de masse a tout d’abord commencé par un fichage de masse.
Un site web et un livre retrace cette histoire.

Plus près de nous, des entreprises comme Amesys ou Qosmos, qui créent des logiciels de filtrage et de “Deep Packet Inspection”, ont vendu à pas mal de dictateurs actuels ou passés des solutions clef-en-main pour traquer leurs opposants. Après la chute de Gaddafi on a retrouvé des manuels d’Eagle, la solution d’Amesys, au QG des services secrets.
Le site d’information Reflets (au passage, ils ont besoin de sous!) a de nombreux articles sur ce sujet, dans les sagas “Bienvenue chez Amesys” et “Bienvenue chez Qosmos“.

On sait aussi que les services secrets (les nôtres aussi), gardent sous le coude des failles logicielles pour pouvoir les exploiter, au lieu de les corriger. Comme dit Benjamin Bayart “Que les états s’espionnent entre eux pour vendre des Airbus ou des Boeing je m’en fiche un peu, par contre le fait qu’ils ne corrigent pas ces failles me met moi en danger puisque des criminels vont aussi profiter de ces failles un jour ou l’autre”.

Sans aller jusqu’à ce niveau de responsabilité, il peut toujours arriver d’avoir un trou de sécurité sur son site, et la façon dont on le gère aussi est importante.

“Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités”

Agenda

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  • Conférence La ligne de commande c’est pas si compliqué