Émission Underscore #149 du 23 juin 2019

Actu

Une faille critique dans Firefox déjà exploitée

Mettez à jour tout de suite !

Le site web de l’association Kokopelli HS pendant 2h suite à Cash Investigation

L’émission qui cette fois-ci parlait des légumes, et notamment des semences paysannes, a généré un tel intérêt que leur site qui n’était pas prêt à gérer autant de connexions a juste baissé les bras pendant quelques heures.

La loi HADOPI a 10 ans

NextInpact ressort le dossier pour rigoler.
Rappelons que la HADOPI existe toujours et crame encore une dizaine de millions d’euros par an pour rien.

Les zayant-tous-les-droits veulent taxer les PC fixes et disques durs nus dès 2020

On va encore devoir payer…

La Vampire 1200 arrive !

D’après les nouvelles de la Team Apollo…

Le prochain macOS utilisera zsh par défaut

Pas forcément parce qu’il est meilleur que bash (même si c’est assez vrai), mais parce qu’Apple refuse de mettre à jour bash depuis que celui-ci est passé sous la licence GPLv3.

La France bannit l’utilisation d’IA pour prédire le comportement des juges

On va dire que c’est un minimum…

Une campagne dans neufs pays contre les techniques illégales de la pub en ligne

L’association berlinoise Liberties lance avec de nombreux alliés une campagne d’actions contre le ciblage publicitaire devant les autorités 9 pays européens, et vous invite à la rejoindre. La Quadrature du Net assiste Liberties pour porter cette action devant la CNIL.

Lancement de schema.data.gouv.fr

Parce que l’OpenData c’est bien mais quand les fichiers utilisent des schéma communs et documentés c’est tout de même mieux que quand chacun publie comme il veut ! L’objectif est donc de fournir des modèles de fichiers avec des structures prédéfinies (les noms des colonnes, les unités utilisées…) pour que toutes les administrations qui publient des données similaires puissent les partager avec ce format commun, valider leurs données par rapport à ces modèles, et que l’on puisse les agréger et les traiter uniformément.

On a le droit de refuser de révéler le code de déverrouillage de son téléphone

D’après la Cour d’appel de Paris, un prévenu a le droit de refuser de divulguer le code de déverrouillage de son téléphone sans être poursuivi, et que ce code ne constitue pas une “clef de déchiffrement d’un moyen de cryptologie”.

Chiptune: Christine Is Watching You (Audiofeeline)

Pour les 10 ans de la HADOPI…

Sujet: Les travailleurs de l’ombre du net

Vous ne le soupçonniez pas, et pourtant si… Internet non seulement se compose d’un dark net (mais on la déjà dit c’est pas ce qu’on croit), mais aussi d’un marché de l’emploi sombre… Ne prenez pas peur, sauf des souris, car bien évidement cela à un rapport direct avec cette objet qui vous semble si familier sur lequel vous pousser votre index sur le bouton. je vais aborder aujourd’hui le digital labour.

Que dit wikipedia ?

Le travail numérique (digital labour) regroupe toutes sortes d’activités non reconnues, mal rémunérées, de travail de l’ombre, parfois atypiques ou anodines, ainsi que des activités assimilées à du loisir, du partage ou de la coopération. Il se situe donc sur un continuum dont les activités se trouvent dans plusieurs secteurs

Le travail c’est la santé !

C’est une idée reçu encore bien ancré, à l’heure de l’uberisation de nos schémas économiques classiques, les clicworkers, travailleur de l’ombre sont présent partout dans le monde, silencieusement ce balai numérique s’évertue à liker, commenter, classer, trier, noter les données des plateformes digitales. Cette forme de travail ne connaît pas de frontières : elle séduit les étudiants français soucieux d’arrondir leurs fins de mois comme de nombreux travailleurs ultra précaires basés aux USA, en Inde, en Russie ou au Pakistan.

On ne se l’imagine pas mais à l’origine, ces turkers qui nourrissent des monstres puissant d’algorithmes, possède un nom en souvenir du Turc mécanique, appelé également l’automate joueur d’échec de de maelzel, un célèbre canular où un automate était sensé pouvoir jouer au échec. Tout était faux, c’était une personne cachée qui faisait bouger le bras mécanique de l’automate. Ainsi donc les IA (intelligence artificielle) ne sont pas si artificielles que ça puisqu’elles s’appuient encore beaucoup sur des cerveaux humains qui passent leur temps à décrypter ses images, donner un sens et apprendre à celle-ci comment reconnaître les objets.

Il faut s’imaginer que les captchas ne sont qu’une face caché de l’iceberg, celui auxquels nous sommes souvent confronté lors de la validation de formulaire.

L’usage est controversé, récemment pour la campagne de Trump, certains scandales ont fait leur apparition.

Le PTT ah oui ?

L’usage du numérique à changé notre manière d’appréhender notre monde ainsi, la vie à travers un écran nous impose une nouvelle manière de travailler, et de faire émerger des nouveaux usage.

Le digital labour est un travail que l’on peut qualifier d’invisible ou d’implicite dans le sens ou c’est une production de valeur qui ne dit pas son nom : le travail gratuit des utilisateurs est la source de la valeur économique dans l’économie digitale. En effet, les usagers, à travers leurs activités en ligne génèrent des contenus et des métadonnées. Cette agrégation de tâches et de pratiques parcellisées, non spécialisées, parfois micro-rémunérées à laquelle s’ajoute un ensemble de métadonnées est alors captée, puis extraite afin de produire de la valeur. Cette valeur est par ailleurs et de fait produite collectivement. Cette forme de captation de la valeur est davantage focalisée sur des activités accessoires que les internautes réalisent. À la fois qualitatives (comme en laissant un avis à propos d’un produit par exemple) mais aussi quantitatives (à travers la mise en chiffres de nos activités en ligne : likes, vues, commentaires, etc).

On observe ainsi trois changements :

la création de valeur à la captation de valeur. Au sein même des plateformes qui captent et s’approprient la valeur produite par les utilisateurs.

L’émergence d’un Internet de publication via lequel l’utilisateur produit du contenu à un Internet d’émission au sein duquel les moindres traces et les données émises sont extraites.

Un usage d’un emploi formel vers un travail implicite. L’externalisation de la force de travail n’est plus reversée à des experts ou à des sous-traitants mais à des utilisateurs, et sans rémunération, et oui non seulement tes données sont revendues et toi sans t’en rendre compte tu travailles gratis.

Tout ceci n’est pas sans rappeler une forme d’exploitation non rémunérée. L’activité en ligne crée du contenu qui est exploité par les plateformes du web pour générer du profit. Ainsi, le produit du travail est détourné des mains du travailleur. On arriverait ainsi à une nouvelle forme d’exploitation au sens marxiste.

Le microtasking : le nouveau paradigme des temps modernes ?

Ces travailleurs invisibles du web, également appelés crowdworkers, travaillent pour des plateformes de “micro tâches”. Leur prestation consiste à réaliser sur un temps très court un maximum d’opérations. Les tâches évoquées par l’Organisation International du Travail sont très diverses mais le plus souvent ingrates et répétitives : « l’identification, la transcription et l’annotation des images, la modération du contenu, la collecte et le traitement de données, la transcription audio et vidéo ou la traduction. »

Les conditions de travail pas toujours réglo

Selon une étude de l’ONU, les travailleurs de l’ombres n’ont pas de bonne et vraie conditions souvent sans contrat ni garanties sociales se voient imposer le statut d’auto-entrepreneur. Leurs employeurs ne s’engagent en aucun cas à payer les arrêts maladie, les congés, le matériel requis (ordinateur, accès wifi) et ne garantissent ni protection sociale ni salaire minimum. Ces missions à la tâche, difficiles à quantifier et à réguler, ne sont pour l’heure soumises à aucun contrôle. Les clickworkerstravaillent le plus souvent de chez eux, derrière leur ordinateur, à des heures difficiles (43% des répondants travaillent la nuit, 68% entre 20h et 22h parce qu’ils ont une autre activité), prêts à tout pour obtenir un complément de revenu ou un moyen de subsistance. Pour ces travailleurs cachés, anonymisés, pas de protection ni de code du travail dédié. Le champs d’actions est mondiale, et quand bien même certains se targuent d’offrir de l’emploi dans des zones du monde pauvre, personne ne tient compte de ces conditions qui ne respectent pas plus l’humain que dans le cadre de l’esclavage, ainsi cela pourrait s’apparenter à de l’esclavage numérique.
Il en arrive à certains de mettre leur réveil pour aller travailler la nuit sans même avoir la certitude d’être payé pour le prix de leur effort, et le pire c’est de s’imaginer que ces efforts ne sont pas récompenser à la hauteur.

l’exclusion économique est présente, même de manière explicite, dans le marché global du travail numérique. Par exemple, une enquête réalisée par les chercheurs de l’Oxford Internet Institute a montré que quelques annonces publiées dans des plateformes de micro-travail interdisent explicitement des travailleurs venant de certains pays de répondre à leurs appels d’offre.

L’aliénation par la machine

Au-delà de l’extrême disponibilité et réactivité requises pour obtenir une mission, les travailleurs sont régulièrement exposés à des contenus violents ou traumatisants comme des images pédopornographiques, de sang ou de manipulation pour trier ceux qui ne respectent pas les règles des plateformes (vidéos YouTube, contenus divers…). Certains travailleurs expérimentent une véritable souffrance psychologique et peuvent subir une forme de stress post-traumatique. En réalisant des tâches dites « d’intelligence humaines », ces crowdworkers sont confrontés à des conditions de travail quelques fois inhumaines. et oui vous imaginez, il y a des gens qui sont payés pour voir des choses horribles toute leurs journées dont leur objectif est de modérer le contenu.

Pour aller plus loin

Chiptune: Leifons [Free DL]

Agenda

Rappelons que l’agenda est celui de la semaine passée lors des rediffusions le samedi.

Evénement Tech for good

Rencontre de la famille French Tech in the Alps Valence-Romans et Panorama de la Tech for Good.
L’événement qui met en avant les initiatives et les entreprises qui concilient intérêt général et modèle économique performant.
Il s’agit de donner à voir les impacts positifs et les exemples de réussite lorsque l’on conjugue les finalités d’intérêt général et modes de faire inclusifs.
Des invités exceptionnels venus spécialement, des ateliers de découverte, une table-ronde d’initiatives remarquables et un déjeuner networking !

Sur inscription
Vendredi 28 juin, de 9h à 14h,
Centre du Patrimoine Arménien, 14 Rue Louis Gallet, Valence.

VIP – 20ème anniversaire

28 au 30 juin
Thoissey

Astrologeek

  • SF : Qui est le plus grand flambeur ? Le capitaine flam !
  • cosplay : certes pikachu c’était une bonne idée pour la japan expo… mais tu risques de mourir de chaud
  • sysadmin : Flute , prout , je suis pas en root
  • hacker : Gendarmerie nationale, contrôle des papiers. Sortez vos clefs GPG et SSH.
  • microsofteux : dans le doute… si ça marche pas, reboot
  • pirate : Elle HADOPI, comme la chèvre !