Emission Underscore #70 du 30 Septembre 2017

Voici quelques liens sur les sujets développés :

Le Top de la Surveillance

Le vice-amiral qui « se fout » des backdoors nommé DSI du ministère des armées

Oui, le vice-amiral Coustillière. Celui-là même qui a déclaré n’avoir rien à faire des portes dérobées lors d’un reportage mené par Cash Investigation.

Hack the Air Force : 207 failles découvertes

Grâce à un bug-bounty.

KeePassXC ajoute le support natif des Yubikey pour protéger l’accès à vos mots de passe

Une nouvelle école d’animation à Bourg-lès-Valence

Une nouvelle école pour le cinéma d’animation va ouvrir en janvier prochain au pôle de la Cartoucherie, près de Valence.
L’École de la Cartoucherie d’Animation Solidaire (ÉCAS) aura pour particularité d’être gratuite et ouverte à tous.

Le standard C++17 approuvé à l’unanimité par le comité de normalisation

Il sera bientôt publié officiellement.

Les normes obligatoires doivent être publiques

En parlant de standard, le Conseil d’État indique que les normes même volontaires, comme celles de l’AFNOR, lorsqu’elles sont d’application obligatoire (par la loi), doivent être disponibles publiquement. Nul n’est censé ignorer la loi, mais encore faut-il y avoir accès.

Parution de la cinquième édition du Guide d’autodéfense numérique

“Le Guide d’autodéfense numérique récidive, paré de sa nouvelle mise à jour, afin de fournir conseils et recettes adaptés pour s’orienter dans les méandres parfois hostiles de la jungle numérique.
Ce Guide présente l’« absence d’intimité » du monde numérique et propose des méthodes pour ajuster ses pratiques quotidiennes en conséquence. L’évolution de ce monde ne semblant pas prête de s’arrêter, nous avons décidé de travailler sur une cinquième édition, adaptée aux dernières nouveautés.”

Au bon coin

SAUVETAGE – LIMOGES ❤❤
L’histoire est digne d’un film : une association anglaise de passionnés de bornes d’arcade reçoit fin août le message d’une compatriote britannique qui vient de racheter un petit resto près de Limoges, dans lequel elle aurait retrouvé “quelques vieux jeux d’époque…”
Une fois sur place, les bénévoles ont découvert que l’endroit était plein à craquer de machines d’arcade des années 70 au début des années 80, du sous-sol au 3ème étage! L’ancien propriétaire n’était pas QUE restaurateur, il était également l’un des réparateurs de bornes d’arcade de la région, et, pour une raison encore inconnue, la propriété a été abandonnée et est restée telle quelle… depuis plus de 30 ans. Tout n’a malheureusement pas pu être sauvé, faute de temps et faute de plancher suffisamment solide. Mais tout ce qui pouvait avoir ou donner une seconde vie a été récupéré.
Notons que le restaurant répondait au (bien nommé) patronyme de… “Au Bon Coin”.

Chiptune: The Floppotron: Harder, Better, Faster, Stronger

Remake de Daft Punk.

Sujet: “A quoi tu joues?” ETERNAL DARKNESS

Par Matt.

Pour ma première contribution à l’émission, bah je voulais vous faire découvrir un jeu qui respire la bonne humeur, la joie de vivre et l’espoir, avec une ambiance joviale et une histoire pleine d’humour : écoutez ça !

>>> Remarques, commentaires

Donc voilà, je vais vous parler d’Eternal Darkness sur GameCube, sorti en 2002, il y a 15 ans déjà. Si je vous en parle, c’est parce que tout le monde ne connaît pas ce jeu d’horreur, qui n’a pas rencontré un franc succès à sa sortie mais qui a acquis un statut d’oeuvre culte au fil des ans, un peu à l’image des films les plus pessimistes de John Carpenter. Parce que du pessimisme, Eternal Darkness en a à revendre. Ici, ce n’est pas un mais treize personnages que l’on peut incarner à travers 2000 ans d’histoire, et la quasi-totalité de ces héros va connaître un sort funeste. Mais d’abord, mise en situation, place au scénario.

En plein milieu de la nuit, Alexandra Roivas est brutalement extirpée d’un cauchemar par la sonnerie de son téléphone.

Au bout du fil, la voix d’un inspecteur de police lui annonce que son grand-père a été retrouvé mort, dans son manoir de Rhode Island.

La jeune femme se rend aussitôt sur place et découvre le cadavre atrocement mutilé de son aïeul.

La police piétine dans son enquête, Alex décide de prendre les choses en main et fouille le manoir à la recherche d’indices.

Ses recherches vont la mener dans une pièce secrète de la demeure familiale : un bureau exigu rempli d’artefacts anciens.

Parmi ces objets insolites, un livre, à la couverture faite de peau humaine et relié par des os.

Alex entame la lecture de ce livre et découvre la mésaventure, 2000 ans plus tôt, du Centurion Pious Aougoustous

Ce légionnaire romain, devenu malgré lui un serviteur du Mal, cherche à invoquer un puissant et maléfique Dieu afin d’asservir l’espèce humaine. Et c’est pour le combattre que des élus vont se succéder, héritant du livre maudit les uns après les autres.

L’un des aspects les plus intéressants et originaux d’Eternal Darkness, c’est sa narration. Pas question ici d’explorer un manoir avec un seul personnage pendant toutes l’aventure. Dans Eternal Darkness, le joueur incarne un personnage appartenant au passé le temps d’un chapitre (chapitre qui fait écho aux chapitres du livre des Ténèbres éternelles qu’Alec découvre au début du jeu). Une fois un chapitre terminé, retour en l’an 2000, avec Alex qui, grâce à un élément qu’elle a appris à la lecture d’un chapitre, va devoir découvrir la page du chapitre suivant, dissimulée dans le manoir. Et à la lecture de ce chapitre, correspond une nouvelle histoire, avec un autre personnage, dans un autre lieu, à une autre époque ; ou dans un même lieu à une autre époque. Par exemple, l’église d’Amiens est visitée par un messager du temps de Charlemagne, un prêtre franciscain durant l’inquisition, et un journaliste pendant la première guerre mondiale. Évidemment, chaque personnage dispose d’un matériel en adéquation avec l’époque visitée, mais chacun dispose de ses caractéristiques physiques propres. Que ce soit la taille des jauges de vie, de magie ou de santé mentale, mais aussi leur force et leur endurance (le fait de courir essouffle son personnage, mais certains sont plus endurants que d’autres).

Alors on ne croirait pas comme ça, mais Eternal Darkness est un jeu financé et édité par Nintendo ! C’est vrai qu’avec eux, on a plutôt l’habitude des gentils Mario, Kirby et Yoshi et pour le coup, voir un jeu Nintendo déconseillé aux moins de seize ans, avec du sang, des démembrements et des créatures difformes et effrayantes, c’est une première. Mais on est tout de suite mis dans l’ambiance. Le tout premier contact entre le jeu et le joueur, avant même l’écran-titre et les logos Nintendo et Silicon Knights, c’est un vers extrait du poème macabre “Le Corbeau” d’Edgar Allan Poe. Je vous le cite : “Deep into that darkness peering, long I stood there, wondering, fearing, doubting” et là je complète la phrase originale qui est absente du jeu “dreaming dreams no mortal ever dared to dream before.” (excusez mon anglais bien foireux). Ce qui signifie : “Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver”. Merci Charles Beaudelaire pour la traduction !

Eternal Darkness puise son inspiration essentiellement dans les écrits de Lovecraft mais compose sa propre mythologie. Pas de Dagon ou de Chtulhu ici, mais des Ulyaoth ou des Mantorok qui s’y substituent assez efficacement. L’ombre de ces grands anciens plane constamment sur le joueur puisque selon la divinité choisie en début de partie, cela détermine le type d’ennemis que l’on rencontrera pendant tout le reste du jeu.

Les références littéraires d’Eternal Darkness sont évidentes, mais on retrouve aussi plusieurs inspirations cinématographiques ; par exemple le film Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud a servi de modèle au chapitre “Hérésie”, en termes d’ambiance, de scénario et d’atmosphère sonore. En parlant de son, on peut aussi faire un parallèle entre la musique de fin d’Eternal Darkness, face au boss final, et celle d’introduction de Prince of Darkness, film assez méconnu de John Carpenter. On va écouter pour faire la comparaison

>>> remarques, commentaires

Côté inspirations, on peut aussi citer Indiana Jones, puisque qu’un des chapitres permet d’incarner un archéologue dans un temple cambodgien, évitant des pièges et retrouvant des artefacts nécessaires à la progression.

Mais ce qui a fait le succès d’estime d’Eternal Darkness (à défaut de succès commercial), c’est dans sa gestion de la santé mentale de ses héros. Parce qu’ici, en plus des traditionnelles jauges de vie et de magie déjà vus mille fois ailleurs, on dispose en plus d’une jauge de santé mentale. Le principe est simple : plus on croise d’ennemis, plus elle diminue. Plus elle diminue, plus le héros ET le joueur sont sujets à des hallucinations. Lorsque la jauge est basse, selon le personnage que vous incarnez, divers effets se produiront. Les murs vont se mettre à suinter du sang, des bustes vont suivre vos déplacements du regard, vous entendrez des bruits de pas ou des coups à la porte alors que vous êtes censé être seul dans un bâtiment… Plus surprenant encore, vous pourrez voir des insectes traverser l’écran, constater que le volume sonore de votre TV diminue tout seul, ou assister à un plantage en règle de la console, avec un bel écran bleu qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire de Windows. Je ne veux pas en dévoiler plus, ce serait gâcher le plaisir de la découverte, mais les “sanity effects” sont de loin le truc en plus, la petit touche personnelle qui fait d’Eternal Darkness ce qu’il est : un jeu vraiment à part.

Voilà. Eternal Darkness n’a malheureusement jamais été réédité depuis sa sortie en 2002 et il a assez mal vieilli du point de vue graphique : la modélisation des personnages est souvent très sommaire et les décors parfois assez vides. D’ailleurs, à l’origine, le jeu devait sortir sur Nintendo 64, en 1999, et il a finalement été reporté sur GameCube en 2001, soit un an avant sa sortie. On imagine que Silicon Knights n’a pas franchement eu le temps de retravailler l’intégralité des graphismes, dans ces conditions. Malgré ça, il reste un titre culte que les fans de jeux d’épouvante doivent posséder, quitte à se racheter une GameCube (ou y jouer sur Wii). à moins que Nintendo se décide enfin à lancer la console virtuelle GameCube mais même si ça se concrétise, il n’est même pas certain qu’Eternal Darkness fasse son apparition sur l’eShop.

Agenda

  • Café outil #17 – La recherche d’images sur Internet pour vos visuels
    • Une image vaut mille mots. Ce proverbe attribué à Confucius est d’autant plus vrai sur internet et les réseaux sociaux.
    • Pour ce café-outil, Le Moulin Digital vous propose de vous découvrir plusieurs alternatives pour trouver des photographies et des illustrations sur internet : The Noun Project, Unsplash , Getty Images… Cet événement est aussi l’occasion de partager votre technique !
    • Le format : 30 minutes de présentation + 30 minutes d’échanges, de pratique et de test.
    • Vendredi 6 octobre, 9h00 – 10h00
    • Le Moulin Digital, 8 avenue de la gare, Alixan
    • https://lemoulindigital.fr/agenda/?oaq%5Buid%5D=26574734
  • Initiation Inkscape au 8fablab
    • Venez faire vos premiers pas en dessin 2D sur le logiciel gratuit Inkscape
    • Vendredi 6 octobre 16h-18h,
    • 25€,
    • inscription 04 75 55 14 78,
    • à partir de 16 ans
    • Au 8 fablab, 8 Rue Courre-commère, Crest
    • http://8fablab.com/actualites

Astrologeek

Musique : Sam Padrul – Feel The Love (ft. Chuck New)